• Chicago Bulls vs. Detroit Pistons - 29 mai 1989 - Conf. Finals Game 4

    Trois ans après un "cross-over" et un panier mortel que l'on croyait gravés pour l'éternité en finale NBA face à Utah, l'ex-diamant des Chicago Bulls est revenu. Un deuxième come-back. Un rabe de carrière. Une folle envie de sentir la moiteur des vestiaires, de respirer encore l'odeur du cuire, de revoir ces visages, ces yeux, ces mains qui s'illuminent, qui dansent et qui rêvent à chacun de ses pas. Michael Jordan, l'homme aux six titres NBA, aux 30 651 points en saison régulière, dix fois meilleur marqueur du plus grand championnat du monde, cinq fois meilleur joueur de la saison, deux fois champion olympique avec les USA, savait qu'il ne dévasterait pas tout sur son passage.

    Un soir de novembre 2001, Jordan avait inscrit 30 points sur le parquet du finaliste 2001, Philadelphie. Les Wizards s'étaient imposés à la surprise générale. Pourtant, depuis un mois, Michael Jordan était là, David Stern s'en félicitait, mais il ne planait plus. Les posters avaient un peu jauni. His Airness bataillait désormais comme un joueur de périphérie pour décrocher une petite timbale, un brin de succès. Dans ses yeux, cette force terrible, résolue et certaine, s'était évanouie.

    Pourtant, à chacune de ses sorties, c'était Moise qui fendait l'eau, c'était Dieu qui multipliait les rêves. Les jeunes se cachaient pour admirer en coin le héros en cafetan. La gloire avait peut être sillonné de ses illustres rides le visage de ce Grand Cavalier, mais Michael Jordan restait un basketteur hors du temps. Bien sûr, il y eut les blessures, une tendinite au genou qui s'invite au bal et lui casse les pieds, un temps assassin et qui consume. La saison de Jordan s'arrêta un 2 avril, face aux Los Angeles Lakers de son ancien maître à jouer, Phil Jackson, contre le nouvel exterminator du basket US, Shaquille O'Neal, dont la domination tout en férocité est peut être encore plus implacable que ne l'était la sienne, brodée et tout en finesse.

    L'horloge ne fit que 60 tours. Soixante matches, vingt-deux abandons, lui qui n'avait manqué que sept rencontres sur ses dix dernières saisons pleines ! Mais son passage fit briller les yeux et tinter les caisses. Car, dans son monde, Jordan est un dieu et chaque salle le bénit.

    Aux sceptiques qui ont cru qu'ils ne pouvaient rabioter à leur compte le destin de Jordan, en avisant la population en pâmoison que l'homme n'avait plus sa place dans ce nouveau concert, il a répondu avec son coeur, en portant une écurie brinquebalante, les Washington Wizards, aux portes des playoffs à la fin du mois de février, avant une opération au genou. Aux malintentionnés qui ont vu dans ce retour un autre juteux business, il a répondu avec la loi et sur l'autel d'un talent qui distillera toujours ses petites graines. Le 29 décembre 2001, deux mois avant son 39ème anniversaire, il inscrivit encore 51 points contre Charlotte. Et même si sa saison s'arrêta en chemin, MJ quitta les parquets, miné de douleur et de tristesse, au neuvième rang des meilleurs marqueurs NBA, avec 22,9 points par match et laissa Washington à 34 victoires, soit quinze de plus que le total des Wizards sur toute la saison passée.

    Alors, on doute que ce compétiteur ait envie de quitter définitivement la scène sur douze minutes pathétiques, gangrenées par le mal, face à Los Angeles ce fameux 2 avril. Le pire quart-temps de toute sa carrière. Douze minutes, 2 points et un public qui avait presque honte de voir mourir le héros. "Il a voulu se bagarrer mais il ne pouvait pas" expliquera, la voix pleine d'émotion, Phil Jackson après ce match. Mais le mythe est ineffaçable, la légende impérissable. Michael mérite une autre sortie. "Je ne sais pas encore si je jouerai l'an prochain. Ma santé primera. Cela sera une décision de dernière minute. Je ne veux pas affronter la douleur comme cette saison. Je veux être sûr de pouvoir jouer une saison complète". Les cieux lui doivent bien un dernier envol ...

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  • Just For Kicks

    Habituellement présentée lors de la trêve du All-Star Game NBA, la toute nouvelle Air Jordan sera finalement dévoilée avec plus de 2 mois de retard. Quant bien même la filiale de Nike a tenté de se défendre de tout retard en expliquant qu'il s'agissait d'une décision marketing, histoire de faire coincider la sortie de son modèle phare avec le début des playoffs.

    Une chose est certaine, c'est bien demain que la toute nouvelle Air Jordan XX9 sera présentée à la presse. Pour une fois, la marque au Jumpman a su garder le secret le plus total et personne ne sait véritablement à quoi s'attendre (à part ça peut être). La Air Jordan XX8 avait fait couler beaucoup d'encre. Qu'en sera-t-il de l'édition 2014 ? Get ready !  


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  • Just For Kicks

    Les rééditions de Air Jordan XI sont toujours très attendues par les fans qui ont pris l'habitude d'en découvrir une nouvelle paire chaque dernier samedi de décembre précédent Noël. La demande est telle que certains en viennent aux mains. Le phénomène était apparu en 2011 avec la réédition de la "Concord". 2013 n'a pas échappé à la règle puisque la sortie de la "Gamma Blue" a fait l'objet d'actes de violence isolés parfois filmés et diffusés sur le net. En quelques heures seulement, ce nouveau colorway exclusif a été épuisé. La Air Jordan XI suscite la convoitise, c'est un fait. Toutes les enquêtes le prouvent : la AJ XI est le modèle le plus prisé de chez Jordan.

    La marque au Jumpman a beau condamner ces débordements, cela ne l'empêche pas pour autant de continuer à une commercialiser une nouvelle paire de AJ XI chaque année. Pour 2014, il semblerait que Jordan Brand soit décidé à rééditer la "Columbia". La kicks, commercialisée en 1996 puis rééditée en 2001, est totalement blanche à l'exception des logos et des écritures ainsi que de la semelle de type icy. La paire est sobre ou élégante, c'est au choix. Ce qui est certain par contre c'est qu'elle fera encore tourner les têtes et agitera les esprits des fans les plus inconditionnels. La filiale de chez Nike en tiendra-t-elle compte ? On l'espère, à moins que les coups de pubs qu'engendrent toute cette agitation ne soient préférés à la sécurité des consommateurs. C'est à la filiale de Nike d'en décider.


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  • Chicago Bulls vs. San Antonio Spurs - 3 novembre 1997

    Cette année, les Bulls de Chicago n'ont pas fait le meilleur début de saison de leur histoire. Ils l'ont même démarré par une défaite en match d'ouverture. Qu'importe. Ils ont confirmé dès le lendemain (victoire de 20 points sur les Sixers) qu'ils étaient une équipe sur qui il fallait compter, une fois de plus. Car Chicago n'a pas fait de changement significatif dans son effectif lors de l'intersaison. Exit Bison Dele (ex. Brian Williams), Scott Burrel est la seule recrue notable. Le reste ne compte pas, ou si peu, car il n'aura qu'un impact très faible sur le déroulement d'une saison qui pourrait bien être la dernière de l'homme quintuple champion NBA. Pour le reste, Phil Jackson peut compter sur ses armes habituelles : MJ donc, mais aussi Pippen et Dennis. On ne parle même pas de Ron Harper, Tony Kukoc ou Steve Kerr que n'importe quel coach rêverait d'avoir dans son effectif.

    La rencontre de ce soir face aux Spurs (Robinson, Duncan, Elliott, Del Negro) est une bonne occasion de tester l'équipe, ses forces mais aussi ses faiblesses. Pour Jordan, cette confrontation face aux texans va surtout être l'opportunité de mesurer le temps qui passe et avec lui ses chances de gagner une nouvelle bague de Champion NBA.

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  • A-t-on assez insisté sur le fait qu'avant d'être un fabuleux basketteur, Michael Jordan était déjà un athlète hors norme, sans doute le plus grand de tous les temps ? Jordan n'a jamais participé à une compétition d'athlétisme, mais ses prouesses quotidiennes ont donné des idées à beaucoup. Ainsi, de joyeux allumés, ingénieurs de la NASA, se sont amusés un jour à rentrer sur leurs logiciels les courbes de saut de MJ lorsqu'il se propulsait dans les airs. A partir du faleux dunk, réussi en mordant sur la ligne des lancers-francs, cette bande de matheux a calculé que le même saut reproduit sur un sautoir en longueur aurait expédié l'arrière des Bulls à un peu plus de huit mètres! Pas facile avec un ballon de basket tenu à une main !

    Tim Grover, son préparateur physique a aussi calculé son temps de suspension dans les airs : 0,9 secondes. Une éternité, seulement approchée par les plus grands danseurs de ballet comme Barychnikov. Mais la différence est que pour Jordan, ce temps de suspension a été calculé avec le ballon, des adversaires à éviter et une action de shoot à conclure…! De plus, le chrono s'est arrêté quand MJ a touché le cercle et non pas lorsqu'il retombait au sol. Dément ! Cette comparaison avec les maîtres du ballet le fit d'ailleurs sourire à l'époque, lorsque l'évoqua Jack McCallum, de "Sports Illustrated". De même, Grover a aussi calculé sa détente sèche. Résultat : 1,21m. Le quatrième score réalisé officiellement par un joueur professionnel sur notre bonne vieille terre derrière trois basketteurs : un ancien de Menphis State, Michael Wilson (1,29m), Spud Webb (1,25m) et Joey Johnson (1,23m), le petit frère de Denis, l'ancienne star des Celtics. Pour mieux vous rendre compte de ce que cela représente, on vous rappelle que la détente moyenne d'un jeune sportif amateur est de 45cm… Une détente phénoménale donc qui lui permettait dans ses belles années de "poser la main entière au-dessus du carrée noir de la planche", comme l'a découvert son premier coach aux Bulls, Kevin Loughery. Mais on ne peut résumer un tel athlète à ce seul binôme détente-temps de suspension. Jordan, c'est encore beaucoup plus que cela. Tim Grover a souligné son incroyable vitesse de lecture du jeu, lui permettant de réagir beaucoup plus vite que tous ses adversaires. Ses défenseurs ont, eux, été surpris par son étonnante faculté à prendre ses appuis sur rien, une partie du pied par exemple, en complet déséquilibre, pour shooter ou partir en dribble. Le dernier en date étant le malheureux Bryon Russel, bien sûr, victime d'un ahurissant renversement de dribble.

    Mais encore plus que toutes ses prouesses, ce qui différencie Michael Jordan des autres athlètes d'exception, c'est cette élégance naturelle, cette gestuelle magnifique, cette finesse suprême. Là où les autres souffraient, Michael glissait. Là où les autres sautaient, il planait. Il y avait certes quelque chose d'injuste, puisque Michael Jordan, l'homme, est déjà d'une beauté absolue : corps parfait, visage angélique, sourire dévastateur. Michael Jordan, le joueur, lui, était d'une grâce infinie. Cet homme avait tous les dons.


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