• Washington Wizards vs. Los Angeles Lakers - 2 avril 2002

    Chicago Bulls vs. Detroit Pistons - 29 mai 1989 - Conf. Finals Game 4

    Trois ans après un "cross-over" et un panier mortel que l'on croyait gravés pour l'éternité en finale NBA face à Utah, l'ex-diamant des Chicago Bulls est revenu. Un deuxième come-back. Un rabe de carrière. Une folle envie de sentir la moiteur des vestiaires, de respirer encore l'odeur du cuire, de revoir ces visages, ces yeux, ces mains qui s'illuminent, qui dansent et qui rêvent à chacun de ses pas. Michael Jordan, l'homme aux six titres NBA, aux 30 651 points en saison régulière, dix fois meilleur marqueur du plus grand championnat du monde, cinq fois meilleur joueur de la saison, deux fois champion olympique avec les USA, savait qu'il ne dévasterait pas tout sur son passage.

    Un soir de novembre 2001, Jordan avait inscrit 30 points sur le parquet du finaliste 2001, Philadelphie. Les Wizards s'étaient imposés à la surprise générale. Pourtant, depuis un mois, Michael Jordan était là, David Stern s'en félicitait, mais il ne planait plus. Les posters avaient un peu jauni. His Airness bataillait désormais comme un joueur de périphérie pour décrocher une petite timbale, un brin de succès. Dans ses yeux, cette force terrible, résolue et certaine, s'était évanouie.

    Pourtant, à chacune de ses sorties, c'était Moise qui fendait l'eau, c'était Dieu qui multipliait les rêves. Les jeunes se cachaient pour admirer en coin le héros en cafetan. La gloire avait peut être sillonné de ses illustres rides le visage de ce Grand Cavalier, mais Michael Jordan restait un basketteur hors du temps. Bien sûr, il y eut les blessures, une tendinite au genou qui s'invite au bal et lui casse les pieds, un temps assassin et qui consume. La saison de Jordan s'arrêta un 2 avril, face aux Los Angeles Lakers de son ancien maître à jouer, Phil Jackson, contre le nouvel exterminator du basket US, Shaquille O'Neal, dont la domination tout en férocité est peut être encore plus implacable que ne l'était la sienne, brodée et tout en finesse.

    L'horloge ne fit que 60 tours. Soixante matches, vingt-deux abandons, lui qui n'avait manqué que sept rencontres sur ses dix dernières saisons pleines ! Mais son passage fit briller les yeux et tinter les caisses. Car, dans son monde, Jordan est un dieu et chaque salle le bénit.

    Aux sceptiques qui ont cru qu'ils ne pouvaient rabioter à leur compte le destin de Jordan, en avisant la population en pâmoison que l'homme n'avait plus sa place dans ce nouveau concert, il a répondu avec son coeur, en portant une écurie brinquebalante, les Washington Wizards, aux portes des playoffs à la fin du mois de février, avant une opération au genou. Aux malintentionnés qui ont vu dans ce retour un autre juteux business, il a répondu avec la loi et sur l'autel d'un talent qui distillera toujours ses petites graines. Le 29 décembre 2001, deux mois avant son 39ème anniversaire, il inscrivit encore 51 points contre Charlotte. Et même si sa saison s'arrêta en chemin, MJ quitta les parquets, miné de douleur et de tristesse, au neuvième rang des meilleurs marqueurs NBA, avec 22,9 points par match et laissa Washington à 34 victoires, soit quinze de plus que le total des Wizards sur toute la saison passée.

    Alors, on doute que ce compétiteur ait envie de quitter définitivement la scène sur douze minutes pathétiques, gangrenées par le mal, face à Los Angeles ce fameux 2 avril. Le pire quart-temps de toute sa carrière. Douze minutes, 2 points et un public qui avait presque honte de voir mourir le héros. "Il a voulu se bagarrer mais il ne pouvait pas" expliquera, la voix pleine d'émotion, Phil Jackson après ce match. Mais le mythe est ineffaçable, la légende impérissable. Michael mérite une autre sortie. "Je ne sais pas encore si je jouerai l'an prochain. Ma santé primera. Cela sera une décision de dernière minute. Je ne veux pas affronter la douleur comme cette saison. Je veux être sûr de pouvoir jouer une saison complète". Les cieux lui doivent bien un dernier envol ...

    Visionnez l'intégralité de la rencontre (original broadcast) :     > download


    Tags Tags : , , , , , , , ,