• Jordan : dissection d'une exception

    A-t-on assez insisté sur le fait qu'avant d'être un fabuleux basketteur, Michael Jordan était déjà un athlète hors norme, sans doute le plus grand de tous les temps ? Jordan n'a jamais participé à une compétition d'athlétisme, mais ses prouesses quotidiennes ont donné des idées à beaucoup. Ainsi, de joyeux allumés, ingénieurs de la NASA, se sont amusés un jour à rentrer sur leurs logiciels les courbes de saut de MJ lorsqu'il se propulsait dans les airs. A partir du faleux dunk, réussi en mordant sur la ligne des lancers-francs, cette bande de matheux a calculé que le même saut reproduit sur un sautoir en longueur aurait expédié l'arrière des Bulls à un peu plus de huit mètres! Pas facile avec un ballon de basket tenu à une main !

    Tim Grover, son préparateur physique a aussi calculé son temps de suspension dans les airs : 0,9 secondes. Une éternité, seulement approchée par les plus grands danseurs de ballet comme Barychnikov. Mais la différence est que pour Jordan, ce temps de suspension a été calculé avec le ballon, des adversaires à éviter et une action de shoot à conclure…! De plus, le chrono s'est arrêté quand MJ a touché le cercle et non pas lorsqu'il retombait au sol. Dément ! Cette comparaison avec les maîtres du ballet le fit d'ailleurs sourire à l'époque, lorsque l'évoqua Jack McCallum, de "Sports Illustrated". De même, Grover a aussi calculé sa détente sèche. Résultat : 1,21m. Le quatrième score réalisé officiellement par un joueur professionnel sur notre bonne vieille terre derrière trois basketteurs : un ancien de Menphis State, Michael Wilson (1,29m), Spud Webb (1,25m) et Joey Johnson (1,23m), le petit frère de Denis, l'ancienne star des Celtics. Pour mieux vous rendre compte de ce que cela représente, on vous rappelle que la détente moyenne d'un jeune sportif amateur est de 45cm… Une détente phénoménale donc qui lui permettait dans ses belles années de "poser la main entière au-dessus du carrée noir de la planche", comme l'a découvert son premier coach aux Bulls, Kevin Loughery. Mais on ne peut résumer un tel athlète à ce seul binôme détente-temps de suspension. Jordan, c'est encore beaucoup plus que cela. Tim Grover a souligné son incroyable vitesse de lecture du jeu, lui permettant de réagir beaucoup plus vite que tous ses adversaires. Ses défenseurs ont, eux, été surpris par son étonnante faculté à prendre ses appuis sur rien, une partie du pied par exemple, en complet déséquilibre, pour shooter ou partir en dribble. Le dernier en date étant le malheureux Bryon Russel, bien sûr, victime d'un ahurissant renversement de dribble.

    Mais encore plus que toutes ses prouesses, ce qui différencie Michael Jordan des autres athlètes d'exception, c'est cette élégance naturelle, cette gestuelle magnifique, cette finesse suprême. Là où les autres souffraient, Michael glissait. Là où les autres sautaient, il planait. Il y avait certes quelque chose d'injuste, puisque Michael Jordan, l'homme, est déjà d'une beauté absolue : corps parfait, visage angélique, sourire dévastateur. Michael Jordan, le joueur, lui, était d'une grâce infinie. Cet homme avait tous les dons.


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