• Coup de Pied ou Coup de Pub ?

    Aussi confortables soient-elles, tout du moins pour l'époque, les Air Jordan VI n'ont jamais protégé d'une vilaine blessure à l'orteil. Michael Jordan en fit l'expérience, à ses dépens, lors du Game 4 des NBA Finals 1991. C'était il y a un peu plus de 20 ans. -Keep flying with Him- revient pour vous sur cette anecdote qui fut en réalité un énorme coup de pub pour Nike.

    Lors de la saison 90-91, Michael Jordan avait obtenu son cinquième oscar consécutif de meilleur marqueur (31,5 points), apportant en prime la bagatelle de 6 rebonds et 5 passes par match. Mais à l'origine de l'épanouissement des Bulls, on trouvait un guard de 2,03m, issu de la NAIA (Central Arkansas), qui était parvenu au statut de superstar : Scottie Pippen. Le numéro 33 des Bulls apporta une large contribution chiffrée (21,6 points et 8,8 rebonds en playoffs) et une solidité émotionnelle qui devait rejaillir sur l'ensemble de l'équipe. Horace Grant, lui aussi, avait mûri. Alors que John Paxon, Craig Hodges, Bill Cartwright et Cliff Levingston usèrent de leur expérience. Ensemble, ils étaient devenus autre chose que des Jordannaires, c'est à dire de simples serviteurs de Sa Majesté.

    Ce fut parfaitement visible en finale. Des Finals qui, pour Chicago, démarrèrent de la pire des façons qui soit : une défaite au Stadium. Sam Perkins (22 points) inscrivit un panier primé assassin à 14 secondes de la fin alors que Jordan loupa le sien quelques secondes plus tard.

    Les Bulls oublièrent vite cette contre-performance. Et dans le Game 2, Jordan (33 points avec notamment 13 shoots réussis d'affilés) fit gronder le tonnerre, et ses équipiers (73,4% de réussite pour le starting five) lui emboitèrent les baskets. John Paxson réalisa pour sa part un sans-faute (8 sur 8). "Jamais il ne manque un shoot?" demanda Sam Perkins. "A chaque fois qu'il avait la balle, il a mis dedans. Ca nous a tués!" Chicago avait égalisé, 1 manche partout.

    Et c'est lors du Game 3, à Los Angeles, que les Bulls prirent un avantage déterminant grâce à une victoire en prolongations, 104-96. Pourtant, les Bulls demeuraient sur le qui-vive. Ils savaient les Lakers, neuf fois finalistes depuis l'arrivée de Magic à Los Angeles, capables de se remettre en selle. Surtout, Jordan avait contracté une vilaine blessure dans le troisième quart-temps du Game 3. Sur un jump shoot, son pied avait en effet heurté violemment celui de Vlade Divac. S'il réussit à terminer la rencontre, il fut par contre contraint de reposer son pied meurtri le lendemain. Cette journée de battement ne fut malheureusement pas suffisante pour rétablir l'orteil mis en cause. Il s'échauffa lors du Game 4, la tête remplie de doutes. Ceux de la superstar qui ne savait pas, à seulement quelques minutes du début de la rencontre, si elle pourrait ou pas tenir son rang. Rongé par la douleur, MJ trouva finalement la solution : découper sa Air Jordan VI Infrared pour ôter l'effet de compression qui s'exerçait sur le fichu orteil. Pas très académique mais terriblement efficace. L'astuce permit à Jordan de jouer 44 des 48 minutes de la rencontre, soit le plus long temps de jeu pour les Bulls. Pas mal pour un joueur dont la présence sur le parquet était jugée encore très hypothétique par le médecin des Bulls à seulement quelques minutes de l'entre-deux.

    MJ (28 points et 33 passes), pourtant considérablement gêné par son orteil en compote, fit encore des merveilles lors du quatrième match qui se solda par une nouvelle victoire des Bulls (97-82). Chicago menait dorénavant 3 à 1 dans ces finals. L'issue de la série ne faisait plus de doute. En superstar, Jordan avait bravé la douleur. Sa petite astuce, aussi anodine soit-elle, fut en réalité un énorme coup de pub pour son équipementier. Les commentateurs américains ne parlèrent que de ça pendant près de 3 heures. L'image de la Air Jordan VI découpée à son extrémité fit le tour des télévisions du monde entier, à commencer par Canal+ qui retransmettait les finales NBA pour la première fois sur le territoire hexagonal. Les français faisaient ainsi une pierre trois coups : ils découvraient la magie des NBA Finals, une superstar, et une paire de chaussure qui allait devenir terriblement convoitée. Certains nostalgiques ont pris l'habitude de dire que "la NBA c'était mieux avant". Ils n'ont peut être pas totalement torts.

    Et maintenant qu'on vous a dit tout ça, en voici les images ici.


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